« …et maintenant, que vais-je faire… »

Ainsi chantait Gilbert Bécaud

Après une compétition sportive, il est fréquent de ressentir une baisse de moral, souvent appelée « gueule de bois de l’objectif ». Mais que se passe-t-il exactement dans notre cerveau et notre corps pour provoquer cette sensation ?

Il s’agit ici d’un état désagréable mais temporaire qui ne nécessite pas, en tout cas pas à ce stade, l’intervention d’un professionnel.

L’euphorie de la compétition laisse place à des symptômes de déprime bien réels, sans pour autant être une dépression stricto sensu.

Alors, de quoi s’agit-il concrètement ?

On pourrait la décrire comme une chute émotionnelle qui survient après une compétition « importante » (importante pour la personne qui la vit) en raison de la baisse de certains hormones et neurotransmetteurs.

Juste avant et pendant la compétition, les principaux neurotransmetteurs impliqués sont :

– Des neurotransmetteurs excitateurs comme la noradrénaline (ou norépinephrine) et l’adrénaline.

– Des neurotransmetteurs inhibiteurs comme le GABA, la dopamine, la sérotonine et les endorphines…ouïe ouïe ouïe les endorphines mamma mia !

L’adrénaline (ou épinéphrine) agit sur les récepteurs alpha et bêta, situés au niveau du cœur, des artères, des poumons et des muscles. Elle augmente la glycémie, la fréquence cardiaque et l’intensité des contractions cardiaques, tout en relaxant les muscles lisses des voies respiratoires, ce qui améliore la respiration. Ces effets visent à fournir une énergie supplémentaire au corps en cas de “stress”, comme c’est le cas lors d’une compétition.

La noradrénaline (ou norépinephrine), est un neurotransmetteur synthétisé par certains neurones et qui agit également comme une hormone. Elle stimule le système nerveux central (sympathique) et augmente la glycémie, la fréquence cardiaque et l’intensité des contractions cardiaques en agissant sur les récepteurs alpha, situés au niveau des artères.

Sa fonction ? elle module l l’attention et l’apprentissage, elle facilite la réponse aux signaux de récompense.

Tout stimulus stressant augmente le taux de noradrénaline parce que ces stimulus nécessitent une plus grande attention de notre part afin de prévenir leur répétition…intéressant, non ? d’où un état de vigilance augmenté lors de son fonctionnement. 

La Dopamine : est à la fois un neurotransmetteur et une hormone. Elle joue un rôle essentiel dans le circuit du plaisir complexe. Elle est liée au plaisir mais, ATTENTION ⚠️ (note épistémologique): 

ce n’est pas le plaisir, mais L’ANTICIPATION du plaisir (!)

Les Endorphines : ses effets sont similaires à ceux sécrétés par la morphine ou à l’opium. Le sport permet donc de déclencher ces effets, faisant éprouver un sentiment de bien-être aux personnes qui le pratiquent. On pourrait les décrire comme un moment d’euphorie, de puissance, de déplacement sans effort, d’extase.

Elles ont aussi des effets anxiolytiques c’est-à-dire qu’elle endort les émotions et les sensations négatives ou désagréables ; et des effets antalgiques les endorphines permettent de réduire la sensation de douleur grâce à leurs effets antalgiques. Leur libération occasionne l’élévation du seuil de la douleur et ce, pendant quelques heures après la sécrétion.

Et après c’est la grande chute et le vide….

Une fois que la compétition s’est terminée, tous les taux hormonaux reviennent « à la normale ».

 Le pic hormonal avant et pendant la compétition chute créant une sensation de manque et de vide émotionnel.

L’excitation et l’adrénaline de la compétition peuvent laisser place à un sentiment de vide après l’atteinte de l’objectif (objectif=compétition). Et ceci indépendamment du fait d’avoir été parmi les premiers ou les derniers de la compétition (!) 

 Mais il n’y a pas que les hormones qui sont les seules responsables de ce vide, la pression et l’attente personnelle peuvent aussi créer ou augmenter un sentiment de déception et de démotivation une fois l’objectif atteint.

 Quelques symptômes?

  • baisse de moral
  • Fatigue physique et mentale
  • Perte de motivation
  • Sensation de vide
  • Nostalgie prononcée
  • Baisse des performances, etc 

 Quelques idées pour rendre cette période le moins désagréable possible?

  • Dodo, dodo, dodo. Le sommeil est primordial pour la récupération cognitive et physique ; rien ne peut le remplacer.  Tenir compte du sommeil permet d’éviter le surentraînement ou le sous-entraînement, d’augmenter sa résistance aux maladies, d’accélérer la rééducation après une blessure, de consolider les apprentissages liés à la discipline en question et de jouer un rôle central dans le métabolisme et la récupération musculaire.
  • De plus, une alimentation saine et une hydratation optimale sont essentielles.
  • Identifie un point fort et un point faible qui t’on marqués pendant la compétition. Continue à travailler ton/tes points les plus forts, mais travaille aussi ton point/tes points le plus faibles. Ceci va rediriger ton attention, va reprogrammer ton cerveau à une nouvelle tâche, tu auras de nouveaux objectifs, ta motivation reviendra, une nouvelle phase est née !
  • Tout est une question de perspective : cette compétition peut t’aider à identifier les différents aspects sur lesquels tu dois travailler : soit l’aspect mental, physique, technique ou les trois. Cette période post-compétition est la période idéale pour travailler également la résilience et le détachement.

Enfin, n’oublie pas d’être bienveillant envers toi-même et de prendre le temps de te reposer.  Un entourage solidaire jouera un rôle essentiel dans cette période de « récupération mentale et physique ».  Le mot d’ordre ? Patience.  C’est une phase qui mérite toute notre attention, mais qui nous permettra également de grandir et de revenir plus forts.